La Femtech française s’impose comme locomotive européenne

Le baromètre annuel publié par Femtech France et Wavestone dresse un tableau contrasté mais globalement porteur d'un secteur qui continue de gagner en maturité, malgré une année 2025 marquée par les turbulences.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

Deux cents startups actives au 30 avril 2026, contre 170 un an plus tôt : la progression de la Femtech française, ces technologies dédiées à la santé des femmes, ne faiblit pas. En quatre ans de suivi, l’écosystème a non seulement tenu ses promesses de croissance, mais il commence à produire des indicateurs de solidité structurelle que le secteur attendait pour crédibiliser son modèle.

Le ticket moyen de financement atteint désormais 3 millions d’euros. Près d’un quart des startups, 23 % exactement, ont atteint la rentabilité. Quelque 38 % affichent un chiffre d’affaires stable. Des chiffres qui, pris ensemble, dessinent un profil de filière moins spéculative, davantage ancrée dans une réalité commerciale tangible.

A LIRE AUSSI
Bond de 600 % en un an : les start-up de la ménopause explosent

L’internationalisation comme test de maturité

L’attractivité financière du secteur a franchi les frontières : la moitié des financements des startups Femtech françaises provient aujourd’hui d’investisseurs internationaux. Un indicateur qui valide autant la qualité des projets que la lisibilité de l’écosystème depuis l’étranger.

L’illustration la plus frappante de cette reconnaissance vient du Canada. En 2025, l’ambassade canadienne a lancé un programme d’accompagnement à l’internationalisation de ses startups Femtech, et c’est vers la France et le Royaume-Uni que ces entreprises ont choisi de se tourner, délaissant les États-Unis comme destination prioritaire. Un signal que les acteurs du secteur interprètent comme une validation de la position française sur la scène mondiale.

La France revendique par ailleurs une première européenne : être le seul pays de l’Union à s’être doté d’un fonds d’investissement spécifiquement dédié à l’innovation en santé des femmes. « Le leadership européen est à portée de main », affirme Delphine Moulu, cofondatrice et directrice générale de Femtech France.

Une résilience éprouvée dans un contexte difficile

L’année écoulée n’a pourtant pas été de tout repos. L’instabilité politique intérieure et les incertitudes géopolitiques internationales ont pesé sur l’ensemble des acteurs économiques, Femtech inclus. Le secteur ne prétend pas avoir été épargné par ce contexte. Il revendique simplement d’en être sorti sans rupture de trajectoire.

La preuve par les intentions : 79 % des startups interrogées prévoient de recruter en 2026, et 77 % se déclarent optimistes, voire très optimistes, quant à leur avenir. Dans un climat général de prudence économique, ces chiffres font figure d’exception sectorielle.

Les profils recherchés ont évolué. Aux compétences médicales qui constituaient historiquement le cœur des recrutements s’ajoutent désormais des expertises tech, réglementaires et commerciales, signe d’une montée en complexité opérationnelle des entreprises.

L’Assurance Maladie, levier de changement d’échelle

L’un des faits les plus structurants du baromètre tient en un chiffre discret : sept startups bénéficient aujourd’hui d’un remboursement par l’Assurance Maladie. Pour un secteur qui, il y a encore peu, évoluait en marge du système de soins, l’intégration à la nomenclature des remboursements représente un changement de dimension potentiel.

« En comblant un angle mort historique de la santé, la Femtech accélère la reconnaissance de la santé des femmes, et désormais avec l’appui de l’Assurance Maladie et les complémentaires santé », souligne Laurence Al Neimi, en charge de l’expertise Assurance chez Wavestone.

Cette reconnaissance institutionnelle, conjuguée à la robustesse financière croissante des acteurs, dessine les contours d’un secteur qui cherche moins à convaincre de sa légitimité qu’à consolider ses positions, en France comme à l’international.

Le baromètre 2026 de la Femtech en France est publié par Femtech France et Wavestone, avec le concours du Groupe VYV et d’acteurs du monde médical. Il s’agit de la quatrième édition de ce suivi annuel.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire