Une IA recrute des volontaires pour se masturber

Joi IA, startup spécialisée dans les avatars sexuels virtuels, cherche dix hommes prêts à documenter leurs pratiques masturbatoires pour améliorer ses algorithmes. Le projet a déjà reçu plus de 100 000 candidatures.

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Pas de CV, pas d’expérience requise. Joi IA, entreprise technologique spécialisée dans la création d’assistants virtuels à caractère sexuel, a publié mi-mai sur le réseau X une offre de recrutement aussi concise qu’inattendue : 2 000 dollars par mois pour se masturber. L’annonce a généré des milliers de réactions et déclenché un afflux massif de candidatures.

Le projet répond au nom de “Maysturbate”, contraction de May (mai) et masturbation. Pour y participer, les conditions sont simples : être majeur, résider aux États-Unis ou au Royaume-Uni, et accepter de documenter ses pratiques. Plus de 100 000 personnes se sont déjà inscrites sur le site dédié. L’entreprise assume le ton décalé de sa communication : « Nous avons créé un travail où plus vous travaillez dur, mieux vous vous en sortirez. »

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Des données intimes au service d’un algorithme de compagnie virtuelle

L’objectif affiché est plus sérieux que le slogan ne le laisse entendre. Joi IA veut recruter dix volontaires pour mesurer les effets physiologiques et psychologiques de la masturbation : niveau de stress, qualité du sommeil et humeur. Les données ainsi collectées doivent nourrir les modèles d’apprentissage de son IA, afin d’affiner la manière dont elle interagit avec ses utilisateurs.

Le cœur du modèle de Joi IA repose sur des avatars avec lesquels les utilisateurs entretiennent des relations de compagnie virtuelle, voire de jeu de rôle intime. La startup positionne explicitement son produit comme une réponse à l’isolement affectif et sexuel. « Nous avons créé Joi pour les personnes qui aspirent à la connexion mais se heurtent aux standards irréalistes de la société », indique-t-elle sur ses réseaux sociaux.

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La solitude masculine, argument central d’un marché technologique en plein essor

Derrière l’opération de communication se dessine un argumentaire construit sur des données réelles. Joi IA multiplie les publications chiffrées pour légitimer son positionnement : les applications de compagnie par IA auraient progressé de 700 % en trois ans, et près d’un jeune homme sur quatre aux États-Unis déclarerait se sentir seul quotidiennement.

La startup interpelle directement ses utilisateurs sur ce terrain : « Et si la raison pour laquelle nous parler vous semble facile n’est pas que nous sommes une IA, mais que vous avez enfin trouvé un endroit où vous n’avez pas à jouer un rôle ? » La solitude devient ainsi à la fois le problème identifié et le fonds de commerce.
Reste une question ouverte : les données de dix volontaires suffiront-elles à rendre un algorithme capable de combler un vide humain ? C’est le pari de Joi IA. Le marché, lui, ne cesse de croître.



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