Conso : Carrefour dans l’illégalité

Sur le prospectus Carrefour du 16 au 29 juin 2026, jusqu'à 68 % de remise sont annoncés sans indication de prix, une pratique interdite par le code de la consommation.

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Feuilleter un prospectus de supermarché pour y chercher une affaire, c’est une habitude. Chez Carrefour, cette habitude se heurte à un obstacle : le prix a disparu. Reste le pourcentage, seul, imprimé en gros caractères rouges. Impossible de savoir ce qu’il signifie vraiment.

Une deuxième boîte à – 68 %, mais – 68 % de quoi ?

Le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible le prospectus Carrefour valable du 16 au 29 juin 2026, dans un article signé Lionel Maugain et publié le 1er juillet 2026. Premier exemple relevé : une boîte de capsules Nescafé affiche une réduction de 68 % sur la seconde boîte achetée. Le prix de la première n’apparaît nulle part dans la brochure.

Le même prospectus promet 30 % de remise immédiate sur un paquet de céréales Kellogg’s, sans prix de référence. Les petits sucres Béghin Say, eux, bénéficient de 34 % de réduction avec la carte de fidélité Carrefour — à condition de se rendre en magasin pour découvrir le prix de départ, absent du catalogue.

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Ces trois exemples ne sont pas isolés. Selon les calculs de 60 Millions de consommateurs, près de trois produits en promotion sur quatre, dans ce même prospectus, ne mentionnent aucun prix de base.

Un client qui compare deux prospectus se fie à un chiffre : le pourcentage de réduction. Sans le prix de départ, ce chiffre ne renseigne sur rien. Une remise de 68 % appliquée à un prix gonflé la veille produit le même affichage qu’une remise de 68 % appliquée à un prix resté stable depuis des mois.
Aucun moyen de trancher depuis le canapé, en feuilletant le prospectus. Il faut se déplacer en magasin, retrouver le produit en rayon, lire l’étiquette. Le prospectus, censé faire gagner du temps au consommateur, l’oblige à vérifier lui-même ce que l’enseigne aurait dû indiquer.

Ce que la loi impose, et que Carrefour n’a pas fait

L’article L.112-1 du code de la consommation impose l’affichage du prix aux consommateurs, rappelle 60 Millions de consommateurs. Un arrêté de 1987 précise cette obligation : le prix TTC doit figurer quel que soit le support utilisé, prospectus papier compris.

L’absence de prix ne relève donc pas d’un simple manquement esthétique. L’article L.121-3 3° du code de la consommation qualifie de pratique commerciale trompeuse le fait de ne pas indiquer le prix à payer. Cette qualification expose l’enseigne à une amende pouvant atteindre 300 000 euros.

Le distributeur promet un rabais chiffré à deux chiffres. La loi lui demande, en échange, un chiffre de départ. Sur le prospectus du 16 au 29 juin, ce chiffre manque dans trois cas sur quatre.

Une pratique déjà observée, une enseigne qui ne répond pas

Carrefour a déjà publié, par le passé, des prospectus comportant des promotions sans prix de référence, selon le magazine. Le prospectus du 16 au 29 juin 2026 n’introduit donc pas une pratique nouvelle. Il en confirme la persistance, à une échelle plus large que d’ordinaire.
La rédaction de 60 Millions de consommateurs indique avoir sollicité Carrefour pour connaître les raisons de cette omission répétée. À l’heure de la publication de son article, le magazine précise que l’enseigne n’avait pas répondu.



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