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L’Institut national de la consommation a analysé vingt-deux huiles d’olive vierge extra vendues en supermarché : toutes contiennent des contaminants, certaines à des taux cinq fois supérieurs aux seuils jugés acceptables par l’Union européenne. Le verdict tombe au moment où les prix reculent enfin, 23 % de baisse dans l’UE en 2025, après quatre ans de flambée qui avait mis la bouteille hors de portée de nombreux foyers. Trois références émergent du lot malgré ce contexte, et les palmarès des concours nationaux 2026 désignent les moulins qui permettent de s’affranchir du rayon grande surface.
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Des prix en recul, une vigilance qui reste entière
Le litre d’huile d’olive a perdu 23 % de sa valeur à la consommation dans l’ensemble de l’Union européenne en 2025, selon Eurostat, première baisse après quatre années de hausse consécutives portées par des sécheresses record en Espagne et en Italie. En France, le recul est plus modéré qu’en Espagne, où les prix ont chuté de 38,9 %, ou qu’en Grèce, où ils ont reculé de 29,2 %. La production européenne a atteint environ 2,11 millions de tonnes lors de la campagne 2024/25, un niveau qui a permis ce rééquilibrage. La FAO rappelle néanmoins que les récoltes à venir restent exposées aux aléas climatiques.
La France consomme 101 068 tonnes d’huile d’olive par an, troisième marché européen en volume, cinquième par habitant avec environ 1,7 litre par an. Elle en produit très peu : l’Espagne, l’Italie et la Tunisie fournissent à elles trois plus de 90 % des importations hexagonales. La production domestique, concentrée en Provence-Alpes-Côte d’Azur, reste marginale.
Ce retour à des prix accessibles rouvre une question que l’envolée tarifaire avait mise entre parenthèses : comment évaluer la qualité de ce qu’on achète ?
Cent pour cent des bouteilles testées sont contaminées
Le magazine 60 Millions de consommateurs, publication de l’Institut national de la consommation, a confié vingt-deux huiles d’olive vierge extra vendues en supermarché à l’Institut des Corps Gras et Produits Apparentés. Le résultat est sans nuance : chaque bouteille testée contient entre un et trois phtalates ou plastifiants. Chaque bouteille présente également des hydrocarbures minéraux de type MOSH et MOAH.
Les MOSH peuvent s’accumuler dans le foie et le système lymphoïde. Les MOAH ont des propriétés cancérigènes avérées. Certaines des huiles analysées atteignent 10 mg/kg de MOAH, cinq fois la limite jugée acceptable par l’Union européenne.
Ces résultats ont conduit un député à interpeller le gouvernement. La Cour des comptes européenne a publié en 2026 un rapport spécial sur les systèmes de contrôle de l’huile d’olive dans l’UE. La FAO, de son côté, a fait de la lutte contre la fraude une priorité explicite pour maintenir la confiance du consommateur.
Sur vingt-deux références, trois obtiennent des notes supérieures à 14/20 et présentent les profils en contaminants les plus favorables.
H de Leos Fruité Vert arrive en tête avec 15,4/20. L’huile est produite en Provence à partir de la variété Aglandau, récoltée à la main et pressée à froid le jour même. Son profil aromatique combine des notes d’artichaut, d’herbe fraîche et d’amande verte. C’est aussi l’une des références les moins chargées en hydrocarbures parmi les vingt-deux testées. Le litre est affiché à 59,20 euros, un positionnement qui oriente cet achat vers l’assaisonnement et la finition plutôt que la cuisson quotidienne.
Puget Origine France obtient 14,6/20. C’est la seule huile du comparatif à ne contenir qu’un seul plastifiant : du DEHT, en très faible quantité, sans trace de DEHP, perturbateur endocrinien avéré. Elle affiche un Nutri-Score B et coûte environ 31,66 euros le litre. Son origine France est garantie.
Costa d’Oro Bio Riserva Biologica clôt le podium avec 14/20. Certifiée agriculture biologique, elle est la seule à ne présenter aucun MOAH détecté lors des analyses. Riche en stérols et en polyphénols, elle est disponible aux alentours de 20,35 euros le litre.
Une précision s’impose : un test distinct du même magazine, publié en mars 2026, citait une huile Carapelli notée 16/20 dans un comparatif différent. Les écarts entre ces résultats s’expliquent par des lots et des méthodologies distincts, les notes variant selon la campagne de récolte analysée.
Ce que le Concours Général Agricole a primé le 22 février
Le Concours Général Agricole existe depuis 1870. Organisé sous contrôle de l’État lors du Salon International de l’Agriculture à Paris, il réunit environ 6 000 jurés indépendants qui dégustent à l’aveugle. Le palmarès 2026 pour les huiles d’olive a été publié le 22 février.
Château Calissanne, à Lançon-Provence dans les Bouches-du-Rhône, a décroché trois médailles d’or dans trois appellations distinctes : AOP Aix-en-Provence pour sa cuvée « Les Merveilles », AOP Provence fruité vert pour sa cuvée Font de Leu, et AOP Provence olives maturées pour sa cuvée Sainte Modeste. Peu de domaines atteignent ce niveau de régularité sur plusieurs catégories en une même édition.
Moulin des Costes, à Pélissanne, a été récompensé d’une médaille d’or en fruité vert. Le moulin avait remporté cinq médailles d’or et une médaille d’argent lors du Concours Régional des Huiles d’Olive de la Région Sud 2025, sur sept huiles présentées.
Château Virant, à Lançon-Provence, a obtenu des médailles d’or en huile de France et en AOP Aix-en-Provence. Domaine Bastide du Laval, à Cadenet dans le Vaucluse, a été primé en fruité vert pour sa cuvée « HOVE Création » et en AOP Provence pour sa cuvée « Ardence », certifiée bio. Moulin Saint-Michel, à Mouriès, a été récompensé en AOP Vallée des Baux-de-Provence, en fruité vert et en olives maturées.
Un second concours national, organisé par France Olive et l’Institut du Monde de l’Olivier le 6 mars 2026, est exclusivement réservé aux huiles sous Appellation d’Origine Protégée. Il constitue avec le CGA la seconde instance de validation de l’excellence française.
H de Leos, Castelas, Moulin des Costes : trois must
H de Leos a été fondée en 2017 sur un domaine acquis en Provence. En neuf ans, l’huile a cumulé plus de soixante médailles et reconnaissances internationales, dont vingt-cinq en or. Elle a obtenu la labellisation du Collège Culinaire de France et est référencée par plusieurs chefs de premier plan. C’est le seul producteur à figurer simultanément en tête du test 60 Millions de consommateurs 2026 et dans les palmarès des concours nationaux.
Castelas, aux Baux-de-Provence, produit une cuvée « Classic fruité vert » médaillée d’or au CGA 2026. Le moulin est cité dans les études de marché sectorielles parmi les références haut de gamme de la filière française, une position qu’il occupe depuis plusieurs années.
Moulin des Costes présente un cas de régularité rare dans un secteur exposé aux variations climatiques. Cinq médailles d’or sur sept huiles présentées en 2025, une nouvelle récompense en 2026 : le moulin de Pélissanne s’est installé comme un repère de constance dans la production artisanale provençale.
Neuf AOP, neuf terroirs à connaître
La France compte neuf appellations d’origine protégée oléicoles, toutes situées en zone méditerranéenne. La plus récente, l’AOP Languedoc, a obtenu sa reconnaissance en octobre 2023. Ces neuf AOP représentent 30 % de la valeur de la production nationale, à des prix nettement supérieurs aux huiles d’importation.
| AOP | Département(s) | Variétés principales | Profil |
|---|---|---|---|
| Vallée des Baux-de-Provence | Bouches-du-Rhône (13) | Salonenque, Grossane, Béruguette | Intense, fruité vert et olives maturées |
| Aix-en-Provence | Bouches-du-Rhône (13) | Aglandau, Salonenque | Puissant, ardent |
| Provence | PACA | Aglandau, Bouteillan | Équilibré, polyvalent |
| Haute-Provence | Alpes-de-Haute-Provence (04) | Aglandau | Fruité vert intense, amande |
| Nyons | Drôme (26) | Tanche | Doux, fruité mûr, notes de beurre |
| Nîmes | Gard (30) | Picholine | Léger, herbacé |
| Languedoc | Hérault, Aude (34, 11) | Lucques, Picholine | Fruité mûr, artichaut |
| Nice | Alpes-Maritimes (06) | Cailletier | Très doux, floral |
| Corse – Oliu di Corsica | Corse (2A, 2B) | Sabine, Ghjermana | Typique, floral |
L’AOP certifie le lien entre un produit et son terroir, garantit la variété utilisée et encadre la méthode de production. Elle n’offre pas de garantie sanitaire absolue, le test 60 Millions ayant inclus des huiles bio dans son panel avec des résultats contrastés, mais elle constitue un repère de traçabilité qu’aucune huile d’importation générique ne peut revendiquer.
Quatre situations d’achat, quatre réponses
Pour l’assaisonnement et la finition de plat, H de Leos Fruité Vert à 59,20 euros le litre est le choix que justifient à la fois sa note sensorielle (15,4/20) et son profil en contaminants. Une burrata, un carpaccio ou un filet versé sur un plat chaud : c’est l’usage que son prix commande.
Pour un usage quotidien en grande surface, Puget Origine France à environ 31,66 euros le litre offre le meilleur profil sanitaire des références testées en GMS, un seul plastifiant détecté, origine France garantie, Nutri-Score B.
Pour un achat bio avec le meilleur rapport qualité-prix, Costa d’Oro Bio Riserva Biologica à environ 20,35 euros le litre est la seule référence du comparatif sans MOAH détectés, certifiée agriculture biologique.
Pour un achat en circuit court, les moulins médaillés au CGA 2026 proposent la vente directe en ligne ou sur place : Moulin des Costes à Pélissanne (moulindescostes.com), Château Calissanne à Lançon-Provence (calissanne.fr), Château Virant (chateau-virant.com), Domaine Bastide du Laval à Cadenet (bastidedulaval.com), Moulin Saint-Michel à Mouriès (moulinsaintmichel.com), Castelas aux Baux-de-Provence (castelas.com).
Un réflexe à adopter quel que soit le circuit : vérifier la date de récolte sur l’étiquette, distincte de la date limite de consommation. Les meilleures huiles sont issues de la récolte de l’automne précédent. Conserver à l’abri de la lumière et de la chaleur.



l’étude (ou l’article…) ne va pas jusqu’au bout de son raisonnement ! il aurait pu citer les huiles d’olives (avec un “s” à olives car il faut de 4 à 5 kgs d’olives pour faire 1 litre d’huile) qui ne sont pas conformes ou qu’il faut éviter de consommer… un travail à moitié exécuté….