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Le 7 mai 2026, Pierre-Emerick Aubameyang vidait un extincteur dans les couloirs de la Commanderie. Derrière cette scène de vestiaire, 570 millions d’euros de pertes cumulées et un verdict de l’UEFA attendu avant la fin du mois.
La mise au vert d’avant-match avait tourné court. Aubameyang avait entraîné plusieurs coéquipiers dans une nuit festive jusqu’à l’aube, retournant des lits, saccageant des chambres, avant de vider un extincteur dans la chambre de Bob Tahri, coordinateur sportif du staff. Le lendemain matin, Habib Beye annonçait l’exclusion de l’attaquant gabonais du groupe pour le déplacement au Havre. Quelques jours plus tôt, le même Aubameyang avait pris les médias à témoin pour dénoncer « le manque de sérieux » et « le manque d’hygiène de vie » de certains de ses coéquipiers.
Il perçoit 4,2 millions d’euros par an.
104,8 millions dans le rouge
Le 7 avril 2026, la Direction nationale du contrôle de gestion avait publié ses chiffres pour l’exercice 2024-2025 : résultat net négatif de 104,788 millions d’euros. Jamais dans son histoire le club n’avait franchi la barre des 100 millions de pertes sur un seul exercice. Le précédent record datait de 2019-2020, en plein arrêt de saison pour cause de Covid, à -97,8 millions.
Les comptes sont limpides dans leur brutalité. Les recettes hors transferts ont atteint environ 189 millions d’euros — droits TV Ligue 1 à 31,9 millions, billetterie à 30,3 millions, sponsoring à 71,7 millions. En face, les charges d’exploitation dépassent 314 millions, dont 153,6 millions de masse salariale et 42,2 millions d’amortissements liés aux indemnités de mutation. Les recettes ont baissé de 34 % sur un an, mécaniquement, faute de participation européenne en 2024-2025.
Depuis le rachat du club par Frank McCourt en août 2016 pour environ 45 millions d’euros, l’OM n’a pas présenté un seul exercice bénéficiaire. Les pertes cumulées sur neuf saisons avoisinent 570 millions d’euros. McCourt a déclaré avoir injecté environ 750 millions de dollars dans le club.
La C1 comme condition de survie
La Ligue des Champions 2025-2026 avait pris fin pour l’OM le 28 janvier, dès les barrages. Elle avait tout de même rapporté 53 millions d’euros : 18,62 millions de prime fixe de participation, 19,6 millions de market pool lié aux diffuseurs français, 6,3 millions de résultats sportifs, le reste en bonus de classement et coefficient UEFA.
Sans cette participation, les droits télévisés de Ligue 1 tombent à 17 millions d’euros par saison. Les droits domestiques du championnat se sont effondrés de 1,154 milliard d’euros en 2018 à 403,5 millions pour le cycle 2024-2029, après la faillite de Mediapro en 2020 puis le conflit avec DAZN en 2024. La part revenant à l’OM : 17 millions annuels, face à 153 millions de masse salariale.
Une saison complète en Ligue des Champions représente entre 50 et 70 millions d’euros supplémentaires. À deux journées de la fin du championnat 2025-2026, l’OM pointe à la 7e place, à sept points du podium. La qualification directe en C1 est fermée.
L’UEFA tranchera avant fin mai
En 2022, pour éviter des sanctions immédiates, l’OM avait signé un accord de règlement avec l’UEFA dans le cadre du fair-play financier : déficit cumulé plafonné à 60 millions d’euros sur trois exercices. Sur les saisons 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025, les pertes nettes cumulées atteignent près de 157 millions d’euros, soit 97 millions au-dessus du plafond autorisé. Le Comité de contrôle financier des clubs de l’UEFA doit rendre son verdict avant la fin de mai 2026. L’UEFA dispose d’un arsenal gradué : amende, restriction du nombre de joueurs inscrits sur les listes européennes, interdiction de recrutement pour les compétitions continentales, exclusion des coupes d’Europe. Cette dernière option priverait le club de la prime fixe de 18,62 millions que garantit seule la participation à la Ligue des Champions, et avec elle, d’une part décisive de ses revenus annuels.
153 millions de salaires, 7e place
Benjamin Pavard perçoit environ 6,5 millions d’euros par an. Il est arrivé en prêt de l’Inter Milan, avec une option d’achat à 15 millions. Champion du monde 2018, défenseur titulaire dans l’un des meilleurs clubs italiens : les attentes étaient à la hauteur du tarif. Sur la saison, il n’a inscrit aucun but et délivré deux passes décisives. Pire, ses prestations indignes lui valent les moqueries des supporters marseillais. L’option d’achat ne sera pas levée.
Mason Greenwood a inscrit 15 buts en 30 matchs de Ligue 1, dont 5 sur penalty. Face aux huit premiers du championnat, son bilan est d’un but en neuf matchs et zéro passe décisive. Lors du Classico PSG-OM, terminé 5-0, il n’a selon Le Dauphiné Libéré « pas réussi une seule fois à créer du danger ». Il touche 5,4 millions d’euros annuels et avait inscrit 22 buts lors de son premier exercice marseillais.
Sur 27 journées de Ligue 1, l’OM affichait pourtant la deuxième meilleure attaque du championnat avec 48 buts, la deuxième meilleure défense avec 24 encaissés, et la deuxième possession de balle à 58,2 %. Ces données sont réelles, vérifiées, et rendent la 7e place d’autant plus difficile à expliquer par le seul talent de l’effectif.
Habib Beye a pris ses fonctions le 18 février 2026, alors que le club occupait la 2e place avec 39 points. En dix matchs de Ligue 1, il a encaissé cinq défaites : à Brest (2-0) dès sa première sortie, contre Monaco (2-1), à Lorient (2-0), à Nantes (3-0), et un nul contre Nice (1-1) avant la débâcle finale. Aucun entraîneur marseillais n’avait réalisé un tel bilan sur ses dix premiers matchs depuis Roland Gransart en 1984.
Le 26 avril, après le match nul contre Nice, Beye avait interpellé Himad Abdelli dans les vestiaires, lui reprochant son entrée en jeu. Abdelli avait répondu : « Tu me parles pas comme ça, t’es pas mon père, je ne suis pas le seul à être entré. » La scène a été rapportée par L’Équipe. Abdelli a été écarté du groupe pour le déplacement à Nantes. Le 29 avril, en conférence de presse, Beye a dénoncé des « mensonges écrits » dans la presse et déclaré : « J’ai l’impression que c’est toujours lié à ma présence. » Cinq défaites en dix matchs venaient de précéder cette conférence.
Dix jours pour perdre une direction
En dix jours de février 2026, le club avait perdu son entraîneur, son directeur sportif et son président opérationnel. Roberto De Zerbi avait quitté ses fonctions le 11 février, après une altercation avec le joueur Amir Murillo et des incidents répétés à l’entraînement. Medhi Benatia avait démissionné quelques jours plus tard, citant « le climat actuel ». Pablo Longoria avait été progressivement mis à l’écart et cantonné à des responsabilités institutionnelles.
McCourt avait alors confié l’intérim à Alban Juster, le directeur financier du club.
Beye est le huitième entraîneur principal à s’installer sur le banc marseillais depuis l’arrivée de Longoria à la présidence en février 2021. Le 10 avril 2026, Stéphane Richard, ancien PDG d’Orange et associé chez Perella Weinberg Partners, a été nommé nouveau président du directoire, avec une prise de fonction fixée au 2 juillet. Sa première mission sera de recruter un directeur sportif (sans doute Le 7 mai 2026, Pierre-Emerick Aubameyang vidait un extincteur dans les couloirs de la Commanderie. Derrière cette scène de vestiaire, 570 millions d’euros de pertes cumulées et un verdict de l’UEFA attendu avant la fin du mois.
Le chaos du 7 mai
La mise au vert d’avant-match avait tourné court. Aubameyang avait entraîné plusieurs coéquipiers dans une nuit festive jusqu’à l’aube, retournant des lits, saccageant des chambres, avant de vider un extincteur dans la chambre de Bob Tahri, coordinateur sportif du staff. Les faits ont été confirmés par Le Figaro, l’AFP et Le Républicain Lorrain. Le lendemain matin, Habib Beye annonçait l’exclusion de l’attaquant gabonais du groupe pour le déplacement au Havre.
Quelques jours plus tôt, le même Aubameyang avait pris les médias à témoin pour dénoncer « le manque de sérieux » et « le manque d’hygiène de vie » de certains de ses coéquipiers.
Il perçoit 4,2 millions d’euros par an.
104,8 millions dans le rouge
Le 7 avril 2026, la Direction nationale du contrôle de gestion avait publié ses chiffres pour l’exercice 2024-2025 : résultat net négatif de 104,788 millions d’euros. Jamais dans son histoire le club n’avait franchi la barre des 100 millions de pertes sur un seul exercice. Le précédent record datait de 2019-2020, en plein arrêt de saison pour cause de Covid, à -97,8 millions.
Les comptes sont limpides dans leur brutalité. Les recettes hors transferts ont atteint environ 189 millions d’euros — droits TV Ligue 1 à 31,9 millions, billetterie à 30,3 millions, sponsoring à 71,7 millions. En face, les charges d’exploitation dépassent 314 millions, dont 153,6 millions de masse salariale et 42,2 millions d’amortissements liés aux indemnités de mutation. Les recettes ont baissé de 34 % sur un an, mécaniquement, faute de participation européenne en 2024-2025.
Depuis le rachat du club par Frank McCourt en août 2016 pour environ 45 millions d’euros, l’OM n’a pas présenté un seul exercice bénéficiaire. Les pertes cumulées sur neuf saisons avoisinent 570 millions d’euros. McCourt a déclaré avoir injecté environ 750 millions de dollars dans le club.
La C1 comme condition de survie
La Ligue des Champions 2025-2026 avait pris fin pour l’OM le 28 janvier, dès les barrages. Elle avait tout de même rapporté 53 millions d’euros : 18,62 millions de prime fixe de participation, 19,6 millions de market pool lié aux diffuseurs français, 6,3 millions de résultats sportifs, le reste en bonus de classement et coefficient UEFA.
Sans cette participation, les droits télévisés de Ligue 1 tombent à 17 millions d’euros par saison. Les droits domestiques du championnat se sont effondrés de 1,154 milliard d’euros en 2018 à 403,5 millions pour le cycle 2024-2029, après la faillite de Mediapro en 2020 puis le conflit avec DAZN en 2024. La part revenant à l’OM : 17 millions annuels, face à 153 millions de masse salariale.
Une saison complète en Ligue des Champions représente entre 50 et 70 millions d’euros supplémentaires, selon les estimations de La Provence et Onze Mondial. À deux journées de la fin du championnat 2025-2026, l’OM pointe à la 7e place, à sept points du podium. La qualification directe en C1 est fermée.
L’UEFA tranche avant fin mai
En 2022, pour éviter des sanctions immédiates, l’OM avait signé un accord de règlement avec l’UEFA dans le cadre du fair-play financier : déficit cumulé plafonné à 60 millions d’euros sur trois exercices. Sur les saisons 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025, les pertes nettes cumulées atteignent près de 157 millions d’euros, soit 97 millions au-dessus du plafond autorisé. Le Comité de contrôle financier des clubs de l’UEFA doit rendre son verdict avant la fin de mai 2026. Le club s’est refusé à tout commentaire.
L’UEFA dispose d’un arsenal gradué : amende, restriction du nombre de joueurs inscrits sur les listes européennes, interdiction de recrutement pour les compétitions continentales, exclusion des coupes d’Europe. Cette dernière option priverait le club de la prime fixe de 18,62 millions que garantit seule la participation à la Ligue des Champions, et avec elle, d’une part décisive de ses revenus annuels.
153 millions de salaires, 7e place
Benjamin Pavard perçoit environ 6,5 millions d’euros par an. Il est arrivé en prêt de l’Inter Milan, avec une option d’achat à 15 millions. Champion du monde 2018, défenseur titulaire dans l’un des meilleurs clubs italiens : les attentes étaient à la hauteur du tarif. Sur la saison, il n’a inscrit aucun but et délivré deux passes décisives. Foot Mercato a titré sur « le fiasco » de son passage à Marseille. L’Inter cherche à se défaire de lui. Il n’a pas été retenu par le sélectionneur national lors des derniers rassemblements. L’option d’achat ne sera pas levée.
Mason Greenwood a inscrit 15 buts en 30 matchs de Ligue 1, dont 5 sur penalty. Face aux huit premiers du championnat, son bilan est d’un but en neuf matchs et zéro passe décisive. Lors du Classico PSG-OM, terminé 5-0, il n’a selon Le Dauphiné Libéré « pas réussi une seule fois à créer du danger ». Christophe Dugarry l’a qualifié de « minable » sur RMC après une prestation décevante. Il touche 5,4 millions d’euros annuels et avait inscrit 22 buts lors de son premier exercice marseillais.
Sur 27 journées de Ligue 1, l’OM affichait pourtant la deuxième meilleure attaque du championnat avec 48 buts, la deuxième meilleure défense avec 24 encaissés, et la deuxième possession de balle à 58,2 %. Ces données sont réelles, vérifiées, et rendent la 7e place d’autant plus difficile à expliquer par le seul talent de l’effectif.
Habib Beye a pris ses fonctions le 18 février 2026, alors que le club occupait la 2e place avec 39 points. En dix matchs de Ligue 1, il a encaissé cinq défaites : à Brest (2-0) dès sa première sortie, contre Monaco (2-1), à Lorient (2-0), à Nantes (3-0), et un nul contre Nice (1-1) avant la débâcle finale. Aucun entraîneur marseillais n’avait réalisé un tel bilan sur ses dix premiers matchs depuis Roland Gransart en 1984.
Le 26 avril, après le match nul contre Nice, Beye avait interpellé Himad Abdelli dans les vestiaires, lui reprochant son entrée en jeu. Abdelli avait répondu : « Tu me parles pas comme ça, t’es pas mon père, je ne suis pas le seul à être entré. » La scène a été rapportée par L’Équipe et confirmée par Foot Mercato. Abdelli a été écarté du groupe pour le déplacement à Nantes. Le 29 avril, en conférence de presse, Beye a dénoncé des « mensonges écrits » dans la presse et déclaré : « J’ai l’impression que c’est toujours lié à ma présence. » Ouest-France a titré sur la sortie. Cinq défaites en dix matchs venaient de précéder cette conférence.
Dix jours pour perdre une direction
En dix jours de février 2026, le club avait perdu son entraîneur, son directeur sportif et son président opérationnel. Roberto De Zerbi avait quitté ses fonctions le 11 février, après une altercation avec le joueur Amir Murillo et des incidents répétés à l’entraînement. Medhi Benatia avait démissionné quelques jours plus tard, citant « le climat actuel ». Pablo Longoria avait été progressivement mis à l’écart et cantonné à des responsabilités institutionnelles.
McCourt avait alors confié l’intérim à Alban Juster, le directeur financier du club.
Beye est le huitième entraîneur principal à s’installer sur le banc marseillais depuis l’arrivée de Longoria à la présidence en février 2021. Le 10 avril 2026, Stéphane Richard, ancien PDG d’Orange et associé chez Perella Weinberg Partners, a été nommé nouveau président du directoire, avec une prise de fonction fixée au 2 juillet. Sa première mission sera de recruter un directeur sportif (sans doute Grégory Lorenzi, ancien DS de Brest), de piloter le dégraissage estival et de présenter à la DNCG des garanties suffisantes pour éviter des sanctions nationales qui s’ajouteraient aux procédures en cours à l’UEFA.
McCourt mise sur les ventes
Lors de l’assemblée générale de juin 2025, McCourt avait encore validé une injection de 94,5 millions d’euros pour couvrir les pertes accumulées. Début mai 2026, sa position a officiellement changé : l’OM doit désormais générer ses ressources par les cessions de joueurs, avec un objectif annoncé de 100 millions d’euros de recettes de transferts lors du mercato estival.
La liste des départs probables est longue. Mason Greenwood est évalué à 55 millions d’euros sur Transfermarkt, acheté 26 millions en juillet 2024 ; le prix exigé dépasserait 70 millions, avec la Juventus et plusieurs clubs de Premier League positionnés. Igor Paixão, recruté 30 millions d’euros, figure également parmi les « sacrifiables ». Amine Gouiri suscite des intérêts en Premier League et en Arabie Saoudite. Arthur Vermeeren, Angel Gomes, Bilal Nadir et Neal Maupay sont considérés comme des départs actés.
En mars 2026, selon RMC Sport, McCourt accepterait de céder l’intégralité du club pour 500 millions d’euros, soit deux fois moins que les 1,2 milliard initialement demandé. L’actionnaire américain envisagerait également une cession partielle à hauteur de 30 % du capital, valorisée autour de 400 millions d’euros, pour lever des fonds destinés à financer « Project Liberty », son projet technologique. Depuis quatre ans, Foot Mercato rappelle que « des rendez-vous ont eu lieu, ils n’ont pas abouti » : le prix exigé et la question du contrôle opérationnel ayant systématiquement bloqué les discussions.
Vendre Greenwood, Paixão et Gouiri permettrait d’atteindre l’objectif des 100 millions. Ce faisant, l’OM se déferait des joueurs qui lui donnent le plus de chances de revenir en Ligue des Champions, la seule source de revenus capable de financer, à terme, une masse salariale du niveau de celle qu’il vient de présenter à la DNCG., de piloter le dégraissage estival et de présenter à la DNCG des garanties suffisantes pour éviter des sanctions nationales qui s’ajouteraient aux procédures en cours à l’UEFA.


