Afficher le sommaire Masquer le sommaire
Un sur huit. C’est la part des Français qui ont été arrêtés au volant en l’espace d’un an, selon une enquête inédite du ministère de l’Intérieur. Mais derrière cette moyenne nationale, les écarts entre profils sont saisissants. Hommes, jeunes conducteurs, habitants des campagnes : certains croisent le gyrophare bien plus souvent que d’autres, et pour certains d’entre eux, plusieurs fois par an.
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié les résultats de l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité », un document sans précédent par son périmètre : il cartographie l’ensemble des interactions entre les forces de l’ordre et la population française. Sur la période étudiée, 12 % des personnes interrogées déclarent avoir fait l’objet d’un contrôle routier au moins une fois. C’est, de loin, la forme d’interaction la plus fréquente avec la police ou la gendarmerie.
A LIRE AUSSI
Combien gagne un gendarme en 2026 ?
Hommes et jeunes : qui se fait le plus arrêter ?
15 % des hommes ont été contrôlés au cours de l’année étudiée, contre 10 % des femmes. L’écart est de cinq points. Chez les 18-34 ans, le taux atteint également 15 %, avant de s’effondrer à 6 % passé 65 ans, soit un rapport de un à deux et demi entre les deux extrêmes de la pyramide des âges.
Ces profils sont aussi ceux que les bilans de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) désignent comme les plus accidentogènes, ce qui explique pourquoi les patrouilles les ciblent en priorité. Dans son édition 2024, l’ONISR établit que les 18-24 ans représentent 17 % des personnes tuées sur les routes, 23 % des blessés légers ou modérés et 18 % des blessés graves, pour une tranche d’âge qui ne pèse que 8 % de la population. Les hommes, toutes tranches d’âge confondues, sont davantage impliqués dans les accidents et les infractions constatées au volant.
Pourquoi la campagne est plus contrôlée que la ville
17 % des résidents en zone rurale ont subi un contrôle routier sur l’année, contre 10 % de leurs homologues urbains. Sept points d’écart, plus marqué encore que celui observé entre hommes et femmes.
La première explication tient à l’usage de la voiture : en zone rurale, 79,5 % des déplacements s’effectuent en voiture, selon le service statistique du ministère de la Transition écologique, cité dans le rapport. Dans les grandes agglomérations, cette part tombe à 58,5 %. Un habitant des campagnes passe plus de temps au volant et s’expose donc plus longuement aux patrouilles.
La nature des trajets joue aussi. Les routes rurales permettent des vitesses plus élevées, les distances parcourues sont plus longues, et les occasions de commettre une infraction, excès de vitesse, franchissement de ligne, défaut de port de ceinture, sont proportionnellement plus nombreuses. Un conducteur de Seine-et-Marne qui parcourt quarante kilomètres deux fois par jour pour rejoindre son lieu de travail accumule davantage d’expositions qu’un Parisien qui descend rarement dans un parking.
Plusieurs contrôles par an : qui sont ces conducteurs ?
Pour 68 % des conducteurs contrôlés, l’expérience reste unique sur douze mois. Mais 27 % d’entre eux sont arrêtés entre deux et quatre fois dans l’année, et 3 % déclarent plus de cinq contrôles.
Parmi eux, les mêmes profils reviennent. 30 % des hommes contrôlés subissent entre deux et quatre arrêts annuels, contre 23 % des femmes. Chez les 18-34 ans, 31 % des conducteurs contrôlés le sont de deux à quatre fois dans l’année, contre 23 % pour la tranche des 65 ans et plus. Le rapport signale que la conduite en soirée ou de nuit, plus fréquente chez les jeunes, contribue à cette surexposition.
En zone rurale, 30 % des automobilistes contrôlés connaissent cette situation de manière répétée, contre 25 % en milieu urbain.


