BYD va commercialiser une berline électrique à 35 000 € qui se recharge en 9 minutes

1 000 km d'autonomie, recharge en 9 minutes, 35 000 € : le Da Han de BYD assemble ce que personne n'avait encore réuni dans une seule berline électrique.

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En juin 2026, BYD a publié les premières données d’autonomie officielles d’une grande berline électrique vendue autour de 35 000 euros en Chine, soit le prix d’une Volkswagen Golf de milieu de gamme. Des bornes capables de recharger une batterie en neuf minutes fonctionnent déjà en Allemagne depuis mai, premières du genre sur le sol européen. Depuis l’essor des voitures électriques, les conducteurs font face à un arbitrage imposé : soit la recharge rapide, soit le prix accessible, les deux n’ont jamais coexisté dans le même véhicule. BYD a déposé les spécifications du Da Han sans proposer ce choix.

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Ce que BYD a confirmé en juin

En juin 2026, BYD a rendu publiques les autonomies officielles de son prochain modèle phare, le Da Han, une grande berline électrique dont le lancement commercial est prévu au troisième trimestre 2026. La version à motorisation arrière annonce 1 008 kilomètres selon le cycle d’homologation chinois CLTC, soit environ 800 kilomètres en usage réel selon les normes européennes : le cycle CLTC, mesuré dans des conditions plus favorables que le standard européen WLTP, tend à surestimer l’autonomie réelle d’environ 20 %. La version quatre roues motrices haut de gamme, équipée d’un capteur laser de détection, affiche 880 kilomètres CLTC. Une troisième déclinaison hybride rechargeable, en PHEV, dépasse elle aussi le millier de kilomètres en autonomie combinée.

BYD a simultanément publié des clichés officiels du véhicule encore camouflé, photographié branché aux bornes Flash Chargers bleues qui constituent le cœur du système. Ces images sont les premières communications visuelles officielles du modèle.

Le SUV Da Tang, modèle frère du Da Han au sein de la gamme Dynasty Nine, est crédité de 950 kilomètres CLTC, et ses préventes ont enregistré 30 000 commandes en vingt-quatre heures lors du Salon de Pékin 2026. Le Da Han le dépasse, dans un segment plus exigeant.

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Trois fois la puissance de Tesla

Neuf minutes. C’est le temps nécessaire pour passer de 10 à 97 % de charge, mesuré à partir des bornes Flash Chargers de deuxième génération que BYD déploie depuis le début de l’année. Ces équipements, reconnaissables à leur carrosserie bleue et leur structure en T, délivrent 1 500 kilowatts par connecteur. Le Supercharger V4 de Tesla plafonne à 500 kW, l’écart est d’un facteur trois.

Couplée à la batterie Blade 2.0, la dernière génération de la technologie maison de BYD dont la particularité est d’intégrer les cellules directement dans le châssis sans module intermédiaire pour gagner en densité et en sécurité, cette puissance de recharge se traduit par des données techniques précises : de 10 à 70 % en cinq minutes, de 10 à 97 % en neuf minutes, et de 20 à 97 % en douze minutes par température de moins 30 degrés Celsius. Un arrêt standard sur autoroute suffit pour repartir avec une autonomie quasi complète.

Le Da Han mesure environ 5,20 mètres, soit vingt et un centimètres de plus que la berline Han actuelle du même constructeur. C’est la catégorie des grandes limousines, celle de la BMW Série 7 et de la Mercedes-Benz Classe E en version longue. En Chine, ses concurrents directs incluent aussi la NIO ET7 et la Huawei Enjoy S9.

BYD n’a pas encore communiqué de prix officiel pour le Da Han. Le chiffre de 35 000 euros est une extrapolation fondée sur les préventes du Da Tang, dont les ordres ont été ouverts entre 250 000 et 320 000 yuans, soit environ 34 000 à 43 000 euros. Selon le site spécialisé Electrek, le Da Han devrait se situer « autour ou légèrement en dessous » de la borne basse de cette fourchette.

La Denza Z9 GT, berline sportive de la marque premium de BYD, est équipée de la même technologie Flash Charging. Elle est commercialisée depuis avril 2026 en France à 115 000 euros en version électrique, et à 101 000 euros en hybride rechargeable. En Chine, ce même modèle se vend 269 800 yuans, soit environ 34 800 euros, un rapport de un à 3,3 avec le prix français. C’est avec ce tarif chinois de la Denza Z9 GT que la prévision de prix du Da Han est la plus directement comparable : deux véhicules, des technologies de recharge identiques, des positionnements radicalement différents.

La conduite autonome que Tesla facture en option

Depuis février 2025, BYD intègre son système d’assistance à la conduite God’s Eye à l’ensemble de sa gamme, sans surcoût, du modèle d’entrée de gamme commercialisé à 9 500 dollars jusqu’aux berlines premium. Le Da Han n’échappe pas à cette règle.

La version haut de gamme de la berline embarquera la déclinaison la plus avancée du système : un LiDAR, capteur laser qui cartographie l’environnement en temps réel, des caméras et des radars pour la conduite semi-autonome en ville et sur autoroute. Le tout fonctionne avec DeepSeek, le modèle d’intelligence artificielle chinois qui a fait parler de lui début 2025 en concurrençant frontalement les systèmes américains. Tesla, Porsche et BMW réservent des fonctions équivalentes à leurs configurations les plus onéreuses ou les proposent en option payante, parfois pour plusieurs milliers d’euros.

Les bornes arrivent avant les voitures

Le 8 avril 2026, BYD organisait au Palais Garnier, à Paris, la première démonstration publique européenne de son réseau Flash Charging, à l’occasion du lancement de la Denza Z9 GT sur le continent. Un mois plus tard, le constructeur inaugurait en Allemagne la première station commerciale Flash Charging ouverte hors d’Asie.

En Chine, depuis le lancement officiel du réseau le 5 mars 2026, BYD a ouvert plus de 5 700 stations. Le groupe affirme avoir tenu un rythme de déploiement 2,4 fois supérieur à celui de Tesla pour ses Superchargers V4. L’objectif annoncé pour l’Europe est de 3 000 stations d’ici la fin de l’année 2026, réparties sur cinq marchés : Allemagne, France, Espagne, Italie et Royaume-Uni. Pour la France, BYD vise 300 stations en 2026. En Europe, ces bornes utiliseront la prise standard compatible avec la quasi-totalité des voitures électriques du marché, elles ne seront pas réservées aux seuls modèles BYD. Seuls les véhicules dont l’architecture électrique est conçue pour absorber de très hautes puissances pourront toutefois tirer parti des 1 500 kilowatts disponibles.

Le Da Han n’a pas de date de commercialisation annoncée en Europe, et BYD déploie ses bornes bien avant d’y distribuer les véhicules capables d’en exploiter pleinement la puissance.

Ce que le prix chinois ne dit pas

Deux exemples documentent l’écart entre le tarif chinois d’un modèle BYD et son prix européen. La berline Han actuelle est vendue environ 27 000 euros en Chine et 70 800 euros en France, un différentiel de plus de 160 %. La Denza Z9 GT, commercialisée 34 800 euros en Chine, atteint 115 000 euros en Europe.

Cet écart s’explique par plusieurs mécanismes cumulatifs. Depuis 2024, l’Union européenne impose des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques importées de Chine, jusqu’à 35,3 % pour BYD, auxquels s’ajoutent les droits de base de 10 %. S’y ajoutent les coûts de distribution, d’homologation et d’adaptation aux normes européennes, ainsi qu’un positionnement marketing local distinct. Un Da Han éventuellement commercialisé en Europe serait mécaniquement bien plus onéreux que son tarif chinois, et les 35 000 euros annoncés ne constituent en rien une indication de prix pour l’acheteur européen.

Szeged comme accélérateur

Le 9 juin 2026, Reuters confirmait les déclarations de Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD : l’usine du groupe à Szeged, en Hongrie, la première implantation industrielle de BYD hors d’Asie, démarrera sa production en série au quatrième trimestre 2026. La montée en cadence sera progressive, avec une capacité cible comprise entre 150 000 et 300 000 véhicules par an.

Un véhicule assemblé en Hongrie échappe aux droits de douane que l’UE applique aux importations chinoises, c’est précisément l’objectif de l’implantation à Szeged. Cette capacité industrielle en construction rend envisageable, à terme, une commercialisation de modèles premium BYD en Europe à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur les importations directes. BYD concentre aujourd’hui sa stratégie européenne sur des modèles pensés pour les marchés occidentaux : la Dolphin G DM-i, citadine hybride rechargeable, a ouvert ses commandes en France le 10 juin 2026 à partir de 23 990 euros, avec des premières livraisons annoncées pour l’automne. Le Da Han figure pour l’instant hors de ce périmètre. Mais l’usine hongroise change ce que BYD sera en mesure de proposer aux acheteurs européens dans les années qui viennent.



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