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Pour ses fusils d’assaut HK416, l’armée française commande ses cartouches de 5,56 mm au groupe israélien Elbit Systems. Le choix n’est pas politique : les cartouches israéliennes sont jugées moins abrasives pour les canons des armes. Mais le Jerusalem Post a évoqué, ces derniers mois, la possibilité qu’Israël suspende ses livraisons à la France, y compris sur ces munitions de base. Il n’existe aucun substitut national immédiatement disponible.
Ce n’est pas une lacune conjoncturelle. GIAT Le Mans, dernière usine française de production de munitions, a fermé en 1999. Manurhin, spécialiste des machines permettant de fabriquer des cartouches, a été cédée à un groupe étranger en 2018. La chaîne est démembrée depuis un quart de siècle.
Le rapport a été rendu public par François Cormier-Bouligeon, député Renaissance, et Aurélien Saintoul, député LFI. Deux lignes politiques que presque tout oppose. Leur diagnostic commun tient en une phrase : des décennies de rationalisation budgétaire ont progressivement détruit l’autonomie industrielle militaire de la France. Saintoul pointe le risque explicitement : une tension diplomatique avec Tel-Aviv suffirait à interrompre du jour au lendemain l’approvisionnement en munitions courantes de l’armée de terre.
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Porte-avions France Libre : la France dans le piège américain
La France importe l’essentiel de ses armes légères
Le FAMAS a disparu des rangs de l’armée française sans que la question de son remplacement industriel soit jamais posée. Le fusil d’assaut, fabriqué en France pendant des décennies, a été retiré au profit du HK416 de l’allemand Heckler & Koch. La raison tient à une décision prise en 2001 : la fermeture de la manufacture d’armes de Saint-Étienne.
Sans outil de production, acheter à l’étranger est devenu la seule option. La France importe aujourd’hui l’essentiel de ses armes légères auprès de partenaires européens et américains.
La séquence mérite d’être regardée comme telle : Saint-Étienne ferme en 2001, Manurhin est cédée en 2018. Ce ne sont pas deux décisions sans lien. Elles participent d’une même logique, appliquée sur vingt ans, dans laquelle le coût d’exploitation immédiat a systématiquement primé sur la question de la dépendance future. Le rapport ne qualifie pas ces choix de fautes : il en mesure les conséquences.
Du Charles de Gaulle à ses successeurs, même fournisseur
Les catapultes à vapeur du porte-avions Charles de Gaulle sont fournies par l’américain General Atomics. Celles du futur porte-avions, baptisé La France Libre, seront électromagnétiques. Elles seront fournies par le même contractant américain. Deux générations de porte-avions, un seul fournisseur étranger pour le système de lancement des aéronefs.
Les AWACS, avions de surveillance et de commandement radar, posent un problème différent. La France a décidé de remplacer sa flotte de Boeing 707 adaptés, en service depuis 1991, par des appareils suédois. Le choix écarte le fournisseur américain. Il ne reconstruit pas de capacité nationale.
Le rapport identifie également des dépendances sur les systèmes de lance-roquettes et certains équipements embarqués, sans qu’aucune alternative nationale ne soit disponible à court terme. Le point commun de ces dépendances technologiques de haut rang : elles mènent presque toutes vers Washington.
Réparer suppose aussi de dépendre
L’achat d’un système d’arme étranger crée une dépendance qui ne s’arrête pas à la livraison. Pour maintenir un équipement en condition opérationnelle, trois conditions sont nécessaires : l’accès aux pièces détachées, l’accès aux données techniques propriétaires, et la disponibilité de compétences industrielles locales. Dans de nombreux cas, un ou plusieurs de ces éléments dépendent du pays fournisseur.
Les rapporteurs qualifient ce point d’angle mort du débat public. Un pays peut acheter souverain et entretenir sous tutelle. La durée de vie d’un système militaire moderne dépasse souvent trente ans. La dépendance initiale se prolonge donc bien au-delà du contrat d’acquisition, et s’approfondit à chaque révision technique, chaque mise à jour logicielle, chaque remplacement de composant.
24,5 milliards, et le problème du temps
Lorsqu’il était ministre des Armées, Sébastien Lecornu a annoncé 8,5 milliards d’euros supplémentaires consacrés à la reconstruction d’une filière nationale de munitions. Ils s’ajoutent aux 16 milliards déjà inscrits dans la loi de programmation militaire. Le projet « France Munitions » vise à relocaliser sur le territoire national la production de balles, poudres et amorces.
Cormier-Bouligeon et Saintoul ne contestent pas l’effort. Ils en désignent la contrainte principale : le temps. Reconstruire une filière industrielle entièrement démantelée ne se fait pas en quelques trimestres. Former des opérateurs, reconstruire des lignes de production, qualifier des poudres : chacune de ces étapes prend des années.
Pendant les deux décennies où les manufactures fermaient, importer revenait moins cher que produire. L’écart de coût était réel, mesurable, défendable dans une logique de gestion budgétaire ordinaire. Ce que le rapport chiffre en creux, c’est ce que cet arbitrage a coûté en capacité réelle : aujourd’hui, si un conflit exigeait une montée en puissance rapide des armées françaises, la production nationale de munitions ne pourrait pas y répondre.



et la France veut faire la. guerre a qui
C’est plutôt nos ennemis qui cherchent la guerre à nous et nos alliés. Un milliard d’euros de munitions et de carburant pour défendre les pays arabes contre les attaques iraniennes entre autres ! La Russie qui continue sa guerre contre l’Ukraine ! Un Trump qui a été a deux doigts d’envahir le Groenland ! Votre commentaire est digne d’un Troll de troisième zone.
sans oublier la SAMP seule entreprise depuis 65ans seule fabriquant de bombes Française au standard OTAN qui fut condamné à mort par la DGA .Coût pour le contribuable 100m€!
c est comme cela quand on a une politique d interfiction des armes de tout calibre …meme en ce qui concerne les fusils a air comprime !
Nos anciens politiciens nous l avait bien dit pourtant, nous récoltions les fameuses dividendes de la paix à cette époque pour justifier les fermetures des usines en France. Désormais nos nouveaux politiciens comprennent les choix et conséquences de leurs prédécesseurs : ils ont favorisé la mondialisation à outrance , dans tout les secteurs de l’industrie, sans penser a l’intérêt des citoyens ou les intérêts stratégiques . Bonne nouvelle le cas est généralisé dans la plupart des pays européens est désormais est le continent le plus dépendant des autres. Nous sommes devenus un marché ( vache à lait )pour les autres puissances , et malheureusement la décadence de l Europe n’est pas prête de s’arrêter vu la géopolitique actuelle et notre organisation européenne.
Ancien du GIAT j’ai (mal) vécu le changement de statut en SA en 1990 … A l’époque on croyait à un avenir radieux. On avait fait le Leclerc, on préparerait le CAESAR, on produisait TOUTES nos munitions ! Du 5,56 au 155 mm !!! Aujourd’hui l’industrie d’armement française est digne d’un état du tiers-monde !!! J’ai 70 ans aujourd’hui et franchement je suis désolé, 47 ans à servir mon pays pour en arriver là c’est écoeurant !!!