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À l’été 2027, l’armée de Terre française disposera de sa première unité de combat entièrement robotisée. C’est ce qu’a déclaré le général Pierre Schill, chef d’état-major, devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale le 10 avril 2026, au lendemain de deux semaines de tests intensifs sur la base de Coëtquidan, en Bretagne.
Deux jalons bornent cette feuille de route. Une première démonstration opérationnelle est prévue en juillet 2026. Le déploiement initial suit à l’été 2027. La composition de la future Unité Robotique de Combat est déjà largement arrêtée : un robot lourd, cinq robots Aurochs 2, des drones Tundra 2 produits par la société Hexadrone, des drones Anafi de Parrot. Au total, une vingtaine de robots et une trentaine de drones. Budget engagé pour 2026 : 35 millions d’euros.
Une sélection par la preuve, pas par l’appel d’offres
L’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense, l’AMIAD, créée le 1er mai 2024 par décret et directement rattachée au ministre des Armées, pilote Pendragon en lien avec le Commandement du combat futur de l’armée de Terre. Elle y consacre près d’un quart de ses ressources humaines techniques.
Le mécanisme de sélection industrielle rompt avec les pratiques habituelles. Il n’y a pas d’appel d’offres classique. Les entreprises candidates doivent démontrer leur capacité à s’intégrer dans une architecture commune, sur un scénario imposé : la prise d’une position ennemie. Le standard est défini par la preuve, non par le cahier des charges. Ce principe prolonge les acquis du challenge CoHoMa, Collaboration Homme-Machine, organisé par le Battle Lab Terre, dont la quatrième édition a été annoncée en avril 2026.
La répartition des plateformes obéit à un ratio précis. Quarante pour cent de systèmes consommables, quarante pour cent sacrifiables si la mission l’exige, vingt pour cent de plateformes de pointe, dotées de capteurs performants et d’une puissance de feu accrue. Les munitions téléopérées, des drones-bombes guidés à distance, sont absentes de cette première version, la composition reste évolutive.
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Ce que l’Ukraine a changé
Soixante-dix pour cent. C’est la part de l’attrition en personnels et matériels obtenue par l’action de drones de contact sur le théâtre ukrainien, selon le retour d’expérience officiel du Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations. En 2023, les forces ukrainiennes produisaient 600 000 drones FPV, pilotés en vue subjective, par an. En 2024 : 1,5 million. En juin 2025, le directeur du CICDE, le général Breton, a précisé que les forces ukrainiennes allaient recevoir 4 millions de drones en 2025, soit 10 000 par jour.
En avril 2026, selon des informations rapportées avec prudence par plusieurs sources militaires, des robots terrestres ukrainiens auraient conquis une position ennemie sans intervention humaine directe, une première documentée sur ce théâtre.
C’est ce retour d’expérience qui a accéléré la révision de la loi de programmation militaire, présentée en Conseil des ministres le 8 avril 2026 par la ministre des Armées Catherine Vautrin. Le texte mobilise 36 milliards d’euros supplémentaires, prévoit une augmentation de 400 % des munitions téléopérées par rapport aux objectifs initiaux, et alloue 2 milliards supplémentaires pour les drones et munitions téléopérées. Pendragon y figure explicitement parmi les nouvelles capacités entérinées, selon une analyse de l’Institut français des relations internationales consacrée à l’actualisation de la LPM.
« Robotisée » ou « robotique » : deux mots, une rupture
De retour de Coëtquidan, le général Schill a introduit une distinction de vocabulaire qui engage bien davantage que la terminologie. Une unité robotisée, selon lui, est une unité humaine appuyée par des robots. Une unité robotique place les robots au cœur du système, l’homme demeurant dans la boucle de commandement sans en être le centre opérationnel.
La LPM de 2023 visait la première logique. Son actualisation du 8 avril 2026 ouvre la porte à la seconde.
Cette bascule pose un problème que la doctrine n’a pas résolu. La boucle OODA, Observer, Orienter, Décider, Agir, théorisée par le stratège américain John Boyd, mesure la capacité d’un combattant à traiter l’information plus vite que son adversaire. Plus un combattant parcourt ce cycle rapidement, plus il prend l’avantage sur un adversaire encore en train d’analyser. L’intelligence artificielle comprime chaque étape de cette boucle au point que la décision humaine risque de se réduire à une validation formelle. Pour reprendre les termes de Boyd lui-même : « Celui qui boucle plus vite désorganise l’adversaire, prend l’ascendant et gagne. » Dans ce schéma, l’homme devient le facteur limitant. Maintenir une autorité humaine réelle tout en exigeant une réactivité de niveau machine est une contradiction que Pendragon n’a pas encore tranchée.
La ligne rouge juridique
La France a officiellement annoncé qu’elle ne développerait pas de SALA, Systèmes d’armes létaux autonomes, ces systèmes capables d’identifier, d’engager et de neutraliser une cible sans aucune intervention humaine. Pendragon relève d’une autre catégorie : les SALIA, Systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie. Ils intègrent des fonctions autonomes : détecter une cible, la désigner, proposer de l’engager. Mais la décision finale appartient à un opérateur humain.
Cette distinction fonde la légitimité juridique du programme. Elle ne ferme pas la question de la responsabilité.
En octobre 2025, un colloque du CICDE à l’École militaire a conclu que l’autorisation d’emploi d’un robot armé « ne pourra pas faire écran à la responsabilité de celui qui la met en œuvre, ici le chef militaire ». Conséquence directe : un complément de formation obligatoire sera imposé aux officiers amenés à commander ces unités. La coalition internationale d’ONG Stop Killer Robots souligne par ailleurs la tension entre l’interdiction officiellement proclamée des SALA et le développement actif de SALIA aux capacités croissantes.
Première en droit, onzième en robotique industrielle
La France a initié les discussions sur les SALA à l’ONU dès 2013, dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques, plus d’une décennie avant que ses principaux compétiteurs ne s’y engagent formellement. En septembre 2019, Paris et Berlin ont co-rédigé une déclaration posant onze principes directeurs pour encadrer le développement des systèmes d’armes autonomes. En novembre 2024, une résolution sur les SALA a été adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU à 166 voix pour, avec seulement trois votes contre, la Biélorussie, la Russie et la Corée du Nord.
Cette avance diplomatique coexiste avec deux données moins flatteuses.
La France produit quelques centaines de drones kamikazes là où l’Ukraine en reçoit 4 millions par an. Sur la robotique industrielle, indicateur direct de la base technologique mobilisable, elle a reculé en 2024, passant du huitième au onzième rang mondial, avec une baisse de 24 % des nouvelles installations. Et depuis sa posture initiale favorable à des mesures contraignantes à Genève, Paris s’est progressivement éloigné pour s’opposer à tout mécanisme juridiquement contraignant sur les SALA, un glissement que les ONG du secteur ne manquent pas de documenter.
ASGARD, TITAN, et la fenêtre qui se referme
Le 4 septembre 2025, la ministre des Armées a inauguré au Mont-Valérien, à Suresnes, le supercalculateur classifié ASGARD : le plus puissant d’Europe selon le ministère, le troisième au monde, équipé de 1 024 puces de dernière génération. Opéré exclusivement par des personnels habilités secret-défense, non connecté à Internet, construit par un consortium HPE-Orange, il est explicitement présenté comme un outil central du développement de Pendragon. En 2026, environ 800 personnes travailleront sur l’intelligence artificielle au sein du ministère des Armées. La stratégie IA de ce dernier prévoit 2 milliards d’euros sur la durée de la LPM 2024-2030, avec un budget qui doit doubler d’ici 2030.
Pendragon n’est pas un point d’arrivée. Le général Schill a inscrit le programme dans une trajectoire à deux décennies : le programme TITAN, qui structurera l’armée de Terre entre 2030 et 2040, doit succéder à SCORPION, l’actuel système de communication et de combat collaboratif de l’armée de Terre. Lors de son audition du 9 avril, il a indiqué que le besoin opérationnel autour de la robotique est commun à la France et à l’Allemagne, une harmonisation encore embryonnaire que Berlin et Paris ont commencé à discuter.
Le marché mondial des robots militaires est évalué à 21,6 milliards de dollars en 2026. Fortune Business Insights le projette au-delà de 42 milliards d’ici 2034. Qui construit les standards aujourd’hui, techniques, doctrinaux, juridiques, pèsera sur ce marché demain. C’est l’enjeu que Pendragon, avec ses 35 millions d’euros et ses quarante industriels à Coëtquidan, est censé ouvrir.



l industrie allemande joue contre la france la quelle ceux des laboratoires scandales epadh trafic adn virus comme les faits depyis les fuites en crimes qu on entend toujours de laboratoires et cosmétiques cindy Martin Montpellier? l uranium le titanium comme les experts criminelles miami ?ou fraudes acteurs de certains qui jouent je ne savais meme pas que les personnes recherches certains avaient le droit de etre acteur de rues. si c est vraiment de l armee alors sauvez les gens inoffensifs les gens de bien pas la valeur de celui qui aurait une récompense