La Russie frappe Kiev avec l’Orechnik, missile hypersonique à capacité nucléaire

Avec l'Orechnik, missile hypersonique à capacité nucléaire, la Russie a lancé son attaque la plus massive de 2026 sur Kiev.

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Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie a tiré l’Orechnik sur Kiev, son missile balistique hypersonique qu’aucun système de défense conventionnel ne peut intercepter. L’attaque, la plus massive de 2026, a mobilisé plus de 600 drones et 90 missiles en cinq heures. Bilan : au moins quatre morts et une centaine de blessés à travers tout le pays.

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L’Orechnik, une arme conçue pour la guerre nucléaire

L’Orechnik est un missile balistique hypersonique russe conçu à l’origine pour transporter des ogives nucléaires. Il monte très haut dans l’atmosphère avant de plonger sur sa cible à près de 13 000 kilomètres par heure, soit environ dix fois la vitesse du son. Aucun système de défense antiaérien conventionnel n’est capable de l’intercepter. Cette nuit, ses six ogives ont frappé Bila Tservka, une localité au sud de Kiev qui concentre plusieurs bases militaires et constitue une cible récurrente des frappes russes. Samedi déjà, Zelensky avait alerté sur les réseaux sociaux qu’une frappe à l’Orechnik était imminente, après que les services de renseignement de l’OTAN eurent détecté des préparatifs de lancement depuis la base russe d’Astrakhan.

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L’Orechnik n’était pas seul. Pour maximiser les dégâts et submerger les défenses ukrainiennes, l’armée russe a combiné ses tirs avec des salves de missiles de croisière et balistiques, tirés depuis des plateformes terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que des vagues successives de drones-bombes Shahed. Zelensky a dénoncé « une nouvelle tactique de terreur », précisant que Moscou avait « délibérément accumulé missiles et drones » pendant des semaines pour préparer cette frappe coordonnée. Résultat : seulement 55 missiles ont été interceptés par la défense ukrainienne, soit un peu plus de la moitié des projectiles lancés.

Pendant cinq heures, les frappes ont touché l’ensemble des arrondissements de la capitale. Une trentaine de bâtiments ont été endommagés ou détruits dans la seule ville de Kiev, parmi lesquels le Musée national d’art d’Ukraine, situé à proximité de la place Maïdan, et le musée dédié à la catastrophe de Tchernobyl, dans le quartier de Podil. Le maire Vitali Klitschko a résumé la nuit en un mot : « terrible ». Des centaines de résidents ont cherché refuge dans les stations de métro de la ville.

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Un missile déjà utilisé à deux reprises depuis 2024

C’est la troisième fois depuis le début du conflit que la Russie engage l’Orechnik contre l’Ukraine. En novembre 2024, il avait frappé une zone industrielle de la province de Dnipropetrovsk, marquant la première utilisation dans l’histoire d’un tel missile comme arme de guerre par une puissance nucléaire, un événement suffisamment grave pour que Vladimir Poutine s’adresse personnellement à la nation en direct à la télévision.
En janvier dernier, l’Orechnik avait visé la province de Lviv, à l’ouest de l’Ukraine, très proche de la frontière polonaise et donc de l’OTAN, un geste largement interprété comme un avertissement direct à l’Alliance atlantique. Lors de ces deux précédents, Moscou avait notifié Washington trente minutes avant le tir, conformément aux traités bilatéraux qui encadrent l’usage des missiles à capacité nucléaire. On ignore si cette procédure a été respectée cette nuit, bien que Zelensky ait indiqué que Washington avait prévenu Kiev de l’imminence du tir.

Le bombardement le plus lourd depuis 2024

Cette attaque s’inscrit dans une séquence d’escalade rapide entre les deux belligérants. Le 14 mai, Kiev avait déjà subi une frappe meurtrière : 24 morts et 50 blessés lors de la destruction d’un immeuble résidentiel. Trois jours plus tard, l’Ukraine répondait en envoyant des centaines de drones sur Moscou, causant trois morts civils côté russe. Le bombardement de cette nuit établit un nouveau record pour 2026 en nombre de missiles tirés en une seule attaque. Il faut remonter à 2024 pour trouver des précédents comparables, avec trois épisodes ayant dépassé le seuil des 90 projectiles lancés.



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