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- Un drone ukrainien frappe là où ça fait mal
- Ce que la fiche technique russe promet
- Furtif dès l’origine
- Le radar qui voit sur les côtés
- L’armement : les missiles en soute contre le catalogue certifié
- Six cents kilomètres du front
- Quelques dizaines d’appareils contre cinq cents commandes
- L’Inde a signé pour le Rafale, pas pour le Su-57
Sur le papier, le chasseur russe Su-57 écrase le Rafale dans presque toutes les colonnes : plus rapide, plus grand, conçu pour être invisible aux radars adverses, armé de missiles tirés depuis des soutes internes. Moscou en est convaincu au point de garder l’appareil à six cents kilomètres de tout front. Le Rafale, lui, a passé vingt ans à faire la guerre, de la Libye au Sahel, de l’Afghanistan au Levant. La question n’est pas de savoir lequel des deux vole plus vite. Elle est de savoir lequel existe vraiment.
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Un drone ukrainien frappe là où ça fait mal
Le 8 juin 2024, le renseignement militaire ukrainien, connu sous le sigle GUR, a revendiqué une frappe de drone contre un Su-57 stationné sur la base d’Akhtubinsk, en Russie. La cible se trouvait à environ 589 kilomètres des lignes de front, soit plus loin que Paris ne l’est de Berlin. Des images satellitaires, diffusées par le GUR puis reprises par l’Associated Press, CBS News et Defence News, ont montré un impact sur ce qui est présenté comme la base d’essais la plus sensible de l’aviation russe. C’est la première atteinte publiquement documentée contre cet appareil depuis son entrée en service officielle en 2020.
Pourquoi un chasseur présenté par Moscou comme la réponse russe au F-22 américain opère-t-il exclusivement à des distances où aucun système adverse ne peut l’atteindre ? Cette question traverse toute la comparaison avec le Rafale français.
Le Su-57, baptisé « Felon » par l’OTAN, a effectué son premier vol de prototype le 29 janvier 2010. Conçu pour succéder aux MiG-29 et Su-27, les chasseurs soviétiques qui équipent encore l’essentiel des forces russes, il est officiellement entré en service en 2020 selon le ministère russe de la Défense. Le Rafale, chasseur polyvalent développé dans les années 1980 par Dassault Aviation pour remplacer plusieurs types d’appareils au sein des armées françaises, vole opérationnellement depuis 2004 dans la Marine nationale et depuis 2006 dans l’Armée de l’Air et de l’Espace. L’article qui suit suit une logique en deux temps : d’abord ce que Moscou promet sur le papier, ensuite ce que les opérations ont prouvé.
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Ce que la fiche technique russe promet
Avec une longueur estimée à 20,1 mètres et une envergure d’environ 14,1 mètres, le Su-57 dépasse nettement le Rafale, qui mesure 15,30 mètres de long pour 10,90 mètres d’envergure, selon la fiche officielle de Dassault Aviation mise à jour le 18 mai 2026. La masse maximale au décollage atteindrait 35 tonnes pour le Su-57 contre 24,5 tonnes pour le Rafale. Ces chiffres russes proviennent de compilations de sources ouvertes et de communications de Rostec, le conglomérat d’État russe de défense, non d’une fiche constructeur vérifiable équivalente à celle que publie Dassault.
La vitesse maximale revendiquée pour le Su-57 dépasse Mach 2,0, soit plus de 2 100 km/h, pour un plafond supérieur à 20 000 mètres. Le Rafale atteint Mach 1,8 pour un plafond opérationnel de 50 000 pieds, soit environ 15 000 mètres. Les conditions de mesure ne sont pas comparables, mais l’écart dans les données disponibles est réel.
Sur la propulsion, chacun des deux turboréacteurs Saturn AL-41F1 du Su-57 délivrerait une poussée de l’ordre de 14 à 15 tonnes en postcombustion, c’est-à-dire en brûlant du carburant supplémentaire dans le réacteur pour obtenir une poussée maximale, selon les communications de Rostec entre 2021 et 2024. Les deux M88-2 du Rafale produisent environ 7,5 tonnes de poussée chacun, selon Dassault. Un moteur de nouvelle génération, l’« Izdeliye 30 », est en développement pour le Su-57 : Rostec en parle depuis plusieurs années sans qu’une date de livraison opérationnelle ait été confirmée par une source indépendante.
Le Su-57 disposerait d’une capacité carburant interne estimée entre 8 et 10 tonnes, pour un rayon d’action d’environ 3 500 kilomètres en vol subsonique. Le Rafale emporte 4,7 tonnes de carburant interne, complétées par jusqu’à 6,7 tonnes de réservoirs externes. À supposer que les estimations disponibles soient exactes, l’autonomie du Su-57 en solo serait supérieure. Le Su-57 aurait également la capacité de voler durablement au-delà de Mach 1 sans allumer la postcombustion, ce qu’on appelle la « supercroisière », une performance que les avions de combat ordinaires ne peuvent soutenir sans brûler des quantités massives de carburant. Des démonstrations ont eu lieu lors du salon aéronautique russe MAKS en 2017, avec des vitesses revendiquées entre Mach 1,3 et Mach 1,6. Le Rafale n’est classé dans aucune catégorie de supercroisière : Dassault évoque des profils de mission spécifiques sans publier de chiffre.
Furtif dès l’origine
Le Rafale a été conçu comme un chasseur à faible observabilité, avec des formes adoucies et des matériaux absorbants principalement optimisés sur l’hémisphère avant. En termes simples : il est moins visible aux radars ennemis que les chasseurs de la génération précédente, mais il n’est pas conçu pour être vraiment « invisible ». Dassault et l’Institut des hautes études de défense nationale, dans un document publié le 15 décembre 2024, décrivent cette approche comme une réduction de signature, sans jamais revendiquer la furtivité au sens des standards de 5e génération. Aucun chiffre mesurant cette discrétion radar n’est publié officiellement par le constructeur ni par la Direction générale de l’armement.
Le Su-57 a été pensé autrement. Sa cellule, largement fabriquée en matériaux composites, intègre des soutes à armement internes qui lui permettent d’emporter ses missiles dans le fuselage plutôt qu’accrochés sous les ailes. Un avion qui transporte ses missiles à l’extérieur génère un écho radar bien plus visible, comme un camion chargé face à une voiture à vide. Les entrées d’air et les bords d’attaque reçoivent des traitements absorbants décrits dans les présentations du programme PAK-FA, le nom de développement du Su-57, au ministère russe de la Défense entre 2010 et 2018. Aucune valeur officielle de discrétion radar n’est communiquée de ce côté non plus.
Plusieurs analystes occidentaux, notamment ceux dont les travaux sont cités par le site spécialisé BulgarianMilitary en juin 2023, estiment que la furtivité frontale du Su-57 resterait inférieure à celle du F-22 américain, notamment à cause de la forme des entrées d’air et de la chaleur dégagée par les tuyères. Ces analyses reposent sur l’étude d’images publiées, non sur des mesures indépendantes en laboratoire. Aucune source indépendante ne les contredit non plus.
Le radar qui voit sur les côtés
Le Su-57 embarque le système N036 Byelka, développé par l’institut russe NIIP Tikhomirov. Il combine une antenne frontale et des antennes latérales, une architecture dite « multiface » capable de surveiller simultanément ce qui se passe devant et sur les côtés de l’appareil. Des sources pro-russes et plusieurs sites spécialisés, dont Fighter Jets World en avril 2021, avancent une portée de détection atteignant 400 kilomètres contre une cible standard. Ces chiffres ne figurent pas dans des documents officiels du ministère russe de la Défense et sont à traiter comme des performances revendiquées.
Le radar à antenne active RBE2-AESA de Thales, technologie plus récente et plus performante que les radars conventionnels, est le premier de ce type opérationnel sur un chasseur européen. Il permet l’engagement de cibles au-delà de 100 kilomètres dans le cadre d’emploi du missile Meteor, selon la documentation Thales consultée en 2026. La valeur exacte de sa portée de détection n’est pas publiée. Le Rafale complète ce radar par un détecteur infrarouge permettant de pister des cibles sans émettre de signal détectable, et par des liaisons de données tactiques compatibles avec les systèmes de l’ensemble des armées de l’OTAN, une compatibilité que le Su-57 ne peut pas offrir.
L’armement : les missiles en soute contre le catalogue certifié
Le Su-57 est conçu pour emporter en soutes des missiles air-air R-77M à longue portée et R-74M2 à courte portée, ainsi que des armements air-sol guidés, selon les présentations des salons MAKS entre 2017 et 2021. Des missiles de croisière et des vecteurs hypersoniques, missiles capables de voler à plus de cinq fois la vitesse du son en manœuvrant pour éviter les défenses, sont évoqués dans les mêmes présentations. La plupart de ces intégrations restent à des stades de développement peu documentés, sans retour d’expérience sur leur emploi réel en combat.
Le Rafale emporte des missiles MICA pour le combat aérien, le Meteor, un missile à longue portée propulsé par un statoréacteur permettant des portées supérieures à 100 kilomètres, des bombes guidées GBU-12, des kits AASM/Hammer et le missile de croisière SCALP-EG. Tous tirés en opérations réelles. Tous portés en externe sous les ailes, ce qui augmente la signature radar de l’appareil en configuration armée, précisément l’inconvénient que les soutes internes du Su-57 sont censées éliminer.
Six cents kilomètres du front
Le ministère britannique de la Défense a publié le 9 janvier 2023 un bulletin de renseignement selon lequel les forces aérospatiales russes ont « presque certainement » utilisé le Su-57 pour des missions d’attaque en Ukraine depuis au moins juin 2022. Ces missions consistaient à tirer des missiles longue portée depuis l’espace aérien russe, à distance suffisante pour éviter toute exposition aux défenses ukrainiennes. Les opérateurs russes ont maintenu leur appareil hors de portée des systèmes sol-air de fabrication occidentale fournis à Kiev. Un chasseur furtif de 5e génération employé comme lanceur à distance de sécurité, depuis son propre territoire, n’utilise aucune des capacités qui justifient son coût de développement.
Le premier déploiement connu du Su-57 en conditions de combat remonte à novembre 2018, en Syrie. Le ministère russe de la Défense l’a confirmé officiellement et diffusé une vidéo ce même mois. La nature exacte des missions, combat aérien ou frappes au sol, et leur nombre sont restés non précisés. Moscou a présenté ce déploiement comme une campagne de tests en conditions opérationnelles réelles.
Le Rafale a suivi un autre chemin. Engagé en Afghanistan dès 2007, en Libye en 2011 dans le cadre de l’opération Harmattan, au Mali à partir de 2013 dans les opérations Serval puis Barkhane, puis en Irak et en Syrie dans le cadre de la coalition contre Daech, il a accumulé des milliers d’heures de combat en conditions réelles. Lors de l’opération Harmattan, des Rafale ont conduit des raids depuis des bases métropolitaines françaises jusqu’en Libye, pénétrant un environnement de défense sol-air complexe et frappant des cibles stratégiques. Aucune perte française au combat n’a été déclarée sur l’ensemble de ces opérations, comme le documente la Revue Défense Nationale dans un article du 3 juin 2026.
Quelques dizaines d’appareils contre cinq cents commandes
Vladimir Poutine a annoncé en mai 2019 un contrat portant sur 76 Su-57 à livrer aux forces aérospatiales russes d’ici 2028, selon l’agence TASS. Les livraisons effectives, reconstituées à partir de sources ouvertes et de communiqués de Rostec par le site Zona Militar en octobre 2025, s’établiraient à environ 10 appareils en 2022 et 11 en 2023, avec un objectif de plus de 20 en 2024. Moscou n’a publié aucun bilan chiffré officiel. La flotte globale opérationnelle est estimée à « quelques dizaines » d’appareils fin 2025. Plusieurs communiqués de Rostec datés de décembre 2024 et de début 2026 font état de nouvelles livraisons sans préciser les quantités.
Les résultats 2024 de Dassault Aviation, publiés les 4 et 5 mars 2025, indiquent 507 Rafale commandés depuis le lancement du programme au 31 décembre 2024 : 234 pour la France et 273 à l’export. Le carnet de commandes atteignait 220 appareils au 31 décembre 2025, dont 45 pour la France et 175 pour des clients étrangers. En 2025, Dassault a livré 26 Rafale, soit un de plus que l’objectif fixé à 25, selon AeroTime du 7 janvier 2026. Huit pays ont commandé ou reçu des Rafale : France, Égypte, Qatar, Inde, Grèce, Croatie, Émirats arabes unis et Indonésie.
Une version modernisée, le Su-57M1, est en cours de développement selon Meta-Defense dans un article du 10 février 2026. Ouvrir un chantier de modernisation alors que la production de la version de base n’a pas encore atteint sa cadence cible indique un programme qui n’a pas atteint sa pleine maturité. Les sanctions internationales imposées à la Russie après février 2022 pèsent par ailleurs sur les chaînes d’approvisionnement en composants électroniques nécessaires à la production, une pression qui n’affecte pas Dassault.
L’Inde a signé pour le Rafale, pas pour le Su-57
Le Su-57 est régulièrement présenté par Moscou comme vitrine d’exportation, en particulier vers l’Inde, partenaire historique de l’armement russe. The Diplomat l’a noté dès 2019, et EurAsian Times y revenait encore le 2 février 2026. Aucun contrat ferme n’a été signé avec un pays tiers à ce jour.
L’Inde a commandé 36 Rafale en 2016, puis 26 appareils supplémentaires en 2023. La partie indienne a explicitement mis en avant l’expérience combat du Rafale lors de la signature du premier contrat, comme le rapportait The Quint en septembre 2020. New Delhi connaît les deux programmes de l’intérieur depuis des décennies. Le choix a été fait en faveur de l’avion dont les performances sont documentées par des bilans d’opérations, non par des présentations de salon.
En février 2026, Rostec a livré un nouveau lot de Su-57 aux forces aérospatiales russes sans préciser le nombre d’appareils concernés, selon un communiqué relayé par le site Militarnyi. Le programme continue d’avancer, mais à un rythme, et avec une transparence, qui ne ressemblent pas à ceux d’un système d’armes dominant son marché.



Nous n’avons clairement pas les mêmes chiffres… J’ai pu lire que la SER réélle du SU57 (détection par les radars Otaniens tant au sol que sur mer ou aéroportés, au cours de certains vols de cet avion) est estimée entre 0,5 et 1,5 m2 (F15 25 m2, F16 4 m2, Mirage 2000 1-2 m2, Rafale 0,06 m2, F35 0,005 m2, F22 0,0002 m2).
Et en source ouverte, le Rafale est capable de supercroisière à mach 1,4 avec 6 missiles MICA…
le rafale a toujours gagné contre les terroristes mais jamais contre un pays doté d’une puissante armée..on a vu les rafales en Syrie contre Bachar aucun missile tiré une humiliation..tout récemment les chasseurs pakistanais de fabrication chinoise cloué les rafales indiens de fabrication Française
on voit les avions russes faire face a l’un des systèmes anti aérien les plus performant au monde comme le patriote pendant que les rafales font face au jihadiste armés de fusils de chasse
paris-berlin à moins de 600 km ??? il va falloir apprendre à compter ou à lire, il en manque au moins 400. C’est au moins 1.000 km, pas 600 !
Ils ont vendu des SU-57 à l’Algérie ! On ne peut donc pas dire qu’ils n’ont pas été exportés.
De la propagande, on est loin de l’analyse.