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Dix-huit Airbus A330-900neo en commande ferme, dix de plus en option : SAS a dévoilé mardi 30 juin le plus gros contrat aéronautique de son histoire. L’A330-900neo est la dernière génération de l’A330. Douze Airbus A330-300 supplémentaires rejoindront par ailleurs la flotte via des sociétés de leasing. La valeur catalogue de l’ensemble dépasse 10 milliards de dollars, environ 8,75 milliards d’euros.
Les douze A330-300 doivent soutenir la croissance de la compagnie à court terme. À partir du début des années 2030, les A330-900neo prendront le relais pour renouveler et faire monter en gamme le long-courrier de SAS.
Boeing reste sur le tarmac
Boeing a proposé son 787 Dreamliner et son 777X, dans le cadre de discussions ouvertes avec SAS depuis le début de l’année. Airbus, de son côté, avait mis sur la table l’A330neo et l’A350. Deux constructeurs, deux offres concurrentes, pour une seule « méga-commande » de gros-porteurs.
La flotte long-courrier de SAS ne comptait déjà que des appareils Airbus, des A330-300 et des A350-900. En restant chez le même avionneur, SAS limite ses coûts de maintenance. La compagnie simplifie aussi la formation de ses équipages et la gestion de ses pièces détachées.
« Les performances économiques et environnementales de l’A330-900 s’inscrivent pleinement dans notre stratégie de flotte à long terme », a indiqué le directeur général de SAS, Anko van der Werff. Selon lui, ce choix est aussi un pari sur la reprise du trafic intercontinental, destiné à connecter durablement la Scandinavie au reste du monde dans les décennies à venir.
Le calcul derrière les nouveaux moteurs
Des moteurs de nouvelle génération, des winglets redessinés pour optimiser l’aérodynamique : l’A330-900neo embarque les dernières innovations d’Airbus. Le constructeur revendique un gain d’efficacité énergétique à deux chiffres par rapport à l’A330-300, l’actuel cheval de bataille long-courrier de SAS. La consommation de carburant et les émissions de CO₂ par siège doivent reculer en conséquence, selon Airbus.
SAS inscrit cette commande dans ses propres objectifs de décarbonation pour la décennie à venir. L’A330-300, lui, n’est plus assemblé par Airbus. D’où le recours à des sociétés de leasing pour les douze exemplaires supplémentaires.
Deux ans à peine après la faillite
2024 : SAS est officiellement sortie du Chapter 11, la procédure de faillite américaine ouverte après des années de difficultés financières et l’effondrement du trafic pendant la pandémie de Covid-19. La compagnie a restructuré sa dette et renégocié ses contrats de leasing à la sortie de la procédure. Sa flotte a aussi été rationalisée dans la foulée.
À la sortie de la faillite, Air France-KLM est entré au capital de SAS à hauteur de 19,9 %, aux côtés de l’État danois et d’investisseurs financiers. Le groupe franco-néerlandais veut désormais porter sa participation à 60,5 %. SAS deviendrait alors une filiale à part entière, sous réserve de l’accord des autorités de concurrence, un objectif fixé au second semestre 2026. La compagnie scandinave s’inscrit ainsi dans la stratégie de consolidation européenne d’Air France-KLM.
Ce contrat avec Airbus intervient quelques mois avant ce basculement actionnarial.
Une deuxième salve, en moins d’un an
À l’été 2025, SAS avait déjà signé un contrat portant sur jusqu’à 55 Embraer E195-E2, dont 45 commandes fermes et 10 options, pour environ 4 milliards de dollars. Plus petits, ces jets doivent desservir le réseau intra-scandinave et européen via la filiale SAS Link, avec l’ambition de réduire l’empreinte carbone des liaisons de proximité.
Cette nouvelle commande porte à plus de 14 milliards de dollars l’investissement total de SAS dans sa flotte sur les douze derniers mois. Quatorze milliards de dollars en l’espace d’un an, pour une compagnie qui sortait à peine de la faillite.
Cap sur Phuket pour le 80e anniversaire
SAS fête en 2026 ses quatre-vingts ans. Fondée en 1946, la compagnie avait réalisé son premier vol intercontinental entre Stockholm et New York le 17 septembre de la même année. Sur l’un de ses A330-300 actuels, une livrée spéciale rappelle cette histoire de pionnier du long-courrier nordique.
« Ces investissements renforceront la capacité de SAS à relier la Scandinavie aux principaux marchés internationaux dans les décennies à venir », a indiqué la compagnie dans son communiqué. La ligne directe Copenhague-Dubaï doit reprendre dès l’hiver 2026-2027. Deux nouvelles liaisons s’ouvriront aussi vers la Thaïlande, à Phuket et à Krabi. Les capacités augmenteront par ailleurs vers plusieurs destinations nord-américaines et asiatiques.
Avec ces ouvertures, SAS deviendra l’une des rares compagnies à proposer des vols directs vers trois destinations thaïlandaises depuis la Scandinavie.


